Hombu Dojo

News

Mémoire de recherche -- Reflextion on Karate-Do Teaching

Par
Shihan ALILOUCHE Boualem

Shihan Satoshi MIYAZAKI

8e Dan, Ancien Chef instructeur JKA Belgique

 

KWF Algeria, Sensei Satoshi MiyazakiSatoshi Miyazaki est né le 17 juin 1938 dans un petit village de la préfecture de Saga, située au nord-ouest de l'île de Kyūshū au sud du Japon.

L’année 1950 voit un jeune garçon âgé de 12 ans, Satoshi MIYAZAKI, s’intéresser de près aux arts martiaux. Dans un premier temps le judo puis vient le temps du karaté. Du temps où il était lycéen, tous les matins Miyazaki Sensei se rendait en vélo au Dojo de son lycée. Le premier cours de Karaté commençait à 6h 30. Après une journée de travail scolaire, il suivait ensuite de 14h à 16h un autre cours de Karaté. Trois années de ce rythme de travail, lui permettait d’espérer entrer dans un Dojo universitaire. Mais pas n’importe lequel. Il ne rêvait qu’a une chose : pouvoir entrer à l’université Takushoku, une des meilleurs universités japonaise ou domine l’esprit de courtoisie particulier qui est le ferment des tempéraments de pionniers. C’est de cette pépinière que sortent les meilleurs décisionnaires du Japon. Bien entendu cette caractéristique intellectuelle a marqué la pratique du Karaté. Les Karatéka formaient et forment encore aujourd’hui, race à part.

KWF Algeria, Sensei Satoshi Miyazaki, NakayamaEn 1955, étudiant en sciences économiques à l’université de Takushoku, il s’inscrit dans les cours de Senseï Masatoshi Nakayama. A Takushoku, comme dans les autres dojos, le système de l’enseignement repose sur les Sampai, c’est à dire les anciens. Il faut comprendre que la societé japonaise repose sur ce type de rapport. Le Sampai plus expérimenté que le Kohai a pour mission de lui transmettre ses connaissances il a aussi droit à une obéissance sans limite de la part du Kohai « Obéir, toujours Obéir » dit Sensei Miyazaki avec son accent inimitable « Quand le Sampai disait de faire quelque chose, je le faisais. S’il me disait de nettoyer les toilettes, Oss, J’y allais. L’enseignement à l’université Takushoku était basé sur l’endurance. Endurance aux coups, il falait encaisser des coups sans le montrer. Le sampai testait la capacité des pratiquants à la douleur, qui comme on le sait casse la concentration de celui qui la subit. Ce qui mène Miyazaki Sensei à affirmer : « des coups toujours des coups ».

KWF Algeria, Sensei Oishi, MiyazakiKWF Algeria, Sensei Nishiyama, MiyazakiKWF Algeria, Sensei Kase, Miyazaki

KWF Algeria, Sensei Satoshi MiyazakiMiyazaki Sensei passa quatre années à l’université, consacrant tous son temps à pratiquer le Karaté trois fois par jours, le matin l’après-midi et le soir, il travaillait au Dojo. Un tel rythme d’entrainement épuisait toute son énergie. Ce temps-là ils étaient en plein guère de Corée, la nourriture était encore rare. Le manque de vitamine pour compenser une telle dépense d’énergie faisait qu’il dormait en cours pour récupérer entre les séances de travail au Dojo. Il rejoint l'équipe universitaire de Takushoku composée de Senseis Asano, Kisaka, Ochi et Tabata. Ils sont premiers au championnat du Japon.

En 1959, à l’âge de 22 ans, il est sélectionné pour suivre le fameux programme d’instructeur JKA. La JKA a été la première organisation au Japon à créer une école des cadres pour former de futurs enseignants. Les meilleurs experts Shotokan sont sortis de cette pépinière.

KWF Algeria, Sensei Satoshi MiyazakiTous les élèves devaient être présents au Hombu Dojo de la JKA de 10h à 17h pour assurer le secrétariat. Les cours collectifs ont lieu chaque jours de 12h30 à 13h30, ils ont pour objectif d’apprendre aux élèves instructeurs à enseigner. Il ne faut pas oublier que ceux qui sont sélectionnés ont déjà derrière eux plusieurs années de Karaté et qu »ils ont déjà maisrtsé les base du Karaté, pourtant à ces cours les sampai continuent à faire travailler les Kihons. Il ne faut pas avoir peur de faire mille Tsuki de suite si on veut entrer dans cette école de cadre. Kihon, encore Kihon et toujours du Kihon en avançant et en reculant. De ce temps ils travaillaient selon un style inspiré du travail des universitaires de Waseda. Les cours Kata étaient assurés par Sensei Sugiura et Kumité par Sensei Kase. Les cours de Kumité était très très durs ont trouvé comme instructeurs stagiaires Sensei Kanazawa, Shirai, Enoeda, Asai, Mikami, Tsuyama … etc

Miyazaki participa à toutes les finales en kumité pendant dix ans et a participé à de nombreuses compétitions de kata. Il gravira plusieurs fois les marches du podium au championnat du Japon. Le sampai qui est devenue a sont tours a eu le temps de former des Karatékas de renommée mondiale tels que Sensei Norihiko Lida, Kazuhiro Sawada ... etc.

KWF Algeria, Sensei Satoshi Miyazaki   KWF Algeria, Sensei Satoshi Miyazaki   KWF Algeria, Sensei Satoshi Miyazaki

En 1967, il s’expatrie en Europe, en même temps que Sensei Kase, Kanazawa, Shirai, Enoeda … etc afin de démocratiser le karaté hors du territoire japonais. Il occupa les postes de directeur Technique national, Entraineur de l’équipe nationale et président du jury des passages de grade de la BAKF (Belgian Amateur Karaté Fédération), une importante organisation de Karaté qui bien que scindée en deux ailes, à cause de problème linguistique.

KWF Algeria, Sensei Satoshi MiyazakiSensei Miyazaki a dévoué toute sa vie à la pratique et à l’enseignement du Karaté, il dispensa des stages en en Belgique, où il s’est installé durent une trentaine d’années et dans toute l’Europe. Affectionnant le détail et le mouvement juste, Senseï Miyazaki aime faire pratiquer le Kihon qui est pour lui l’essence du karaté. Son enseignement est intense et ses entraînements sont durs. Senseï Miyazaki considère que l’éducation, l’intellectet le karaté sont indissociables. Lui-même etait licencier en sciences économique et parlait plusieurs langues.

KWF Algeria, Sensei Satoshi MiyazakiNous avons eu le privilège de le connaître. Nous n'avons pas su prendre plus que nous n'avons pris. Comme nous regrettons. Il a laissé dans l’esprit de ses plus proches disciples, une empreinte.

C’est à l’âge de 55 ans, le 31 mai 1993, que Senseï Miyazaki, 8ème Dan J.K.A, nous quitte, nous laissant continuer l'aventure sous son regard bienveillant.

L’une des craintes de notre grand Maître était de voir le karaté s’éclater et sombrer comme d’autres arts martiaux dans la compétition exclusive.